‘A’A’ Presents LafargeHolcim Awards Prize Winners | Next Generation

La pandémie a renforcé la nécessité d’accélérer ce mouvement. Tout le monde veut trouver la Tesla du ciment : c’est précisément ce que je m’efforce de faire. Nous faisons partie des membres fondateurs du MIT Climate and Sustainability Consortium (MCSC) et sommes en contact avec de nombreuses universités. L’année dernière, nous avons organisés trois hackathons avec des étudiants et jeunes professionnels, dont un consacré à l’impression 3D que nous trouvons extrêmement intéressante à bien des égards. Elle permet non seulement de réduire les émissions de CO 2 , mais aussi de construire de manière plus efficace et rapide. Nous sommes sur le point de comprendre comment le ciment et le béton pourraient améliorer la construction durable grâce à l’innovation, aux collaborations et aux universités. Nous avons doté le conseil d’administration d’une commission sur la durabilité et les débats sont devenus extrêmement techniques. Le progrès ne sera possible que grâce à l’innovation et à la technique, on ne peut se contenter de belles paroles. Mettez-vous en pratique des méthodes permettant de réduire sensiblement l’empreinte carbone dans d’autres domaines ? Oui, dans plusieurs domaines. Nous avons développé des méthodologies qui permettent de réduire le CO 2 dans le ciment en réduisant sa teneur en clinker. Pour fabriquer du ciment, il faut chauffer du calcaire à près de 1 500 degrés : il devient alors du clinker. Ce clinker est ensuite broyé afin d’obtenir du ciment. La fabrication du clinker est donc notre plus importante source d’émission de CO 2 . Aujourd’hui, si vous remplacez le clinker par des matières de substitution issues d’autres industries, comme le laitier ou les cendres volantes, vous obtenez alors une teneur en clinker d’environ 70 %. C’est-à-dire que pour 100 grammes de ciment, vous n’aurez que 70 grammes de clinker. Moins il y aura de clinker, moins il y aura de CO 2 . C’est principalement un problème d’échelle. Là où l’impression 3D devient très intéressante, c’est concernant les quantités de béton utilisées pour une seule et même construction. Pour ce faire, nous devons travailler en plus étroite collaboration avec les architectes. Vous pouvez aussi utiliser un béton plus résistant et donc plus riche en CO 2 , mais si vous en utilisez beaucoup moins, le résultat final sera meilleur. Les nouveaux ciments tels ceux fabriqués à partir d’argile calcinée sont très prometteurs. Certains producteurs de niche en fabriquent déjà. Mais dans notre cas, le problème est que nous avons besoin de béton capable de soutenir des ponts ou des maisons. Utiliser un produit de niche à très faible empreinte carbone est certes important, mais nous devons progresser à grande échelle afin de faire une vraie différence. Voilà pourquoi combiner innovation et durabilité est tout à notre avantage. Dans notre secteur d’activité, c’est souvent le passage des études universitaires à la production à grande échelle qui s’avère délicat. Si le monde a besoin de construire une ville de la taille de New York tous les mois, nous devons réduire l’empreinte carbone de notre produit courant. Quelle est la consommation d’énergie liée au déplacement et à l’approvisionnement des matériaux par rapport à leur production ? Les émissions liées à la transformation des matériaux représentent 75 % de nos émissions de CO 2 . La consommation d’énergie en représente 5 % et la chaîne d’approvisionnement 20 %. Les cimenteries sont très proches des marchés. Et c’est encore plus le cas des centrales à béton qui doivent se trouver à moins de trente minutes du site de construction. En 2019, nous avons lancé une nouvelle gamme de béton bas carbone appelée ECOPact. Ce produit sera présent sur vingt-cinq marchés d’ici le milieu de l’année 2021. Il y a une demande due aux stimuli économiques liés aux conditions climatiques et aux entreprises de construction comme Bouygues qui se sont déjà engagées à réduire de 25 % le CO 2 à l’horizon 2030. Elles ont besoin d’utiliser un béton plus faible en CO 2 . C’est un marché encore tout récent, bien que les choses évoluent très vite, et nous essayons de nous démarquer avec ce produit, car nous sommes convaincus que les choses vont bouger dans les vingt-quatre prochains mois. Quelle est l’importance de la volonté d’une entreprise d’améliorer sa capacité technique par rapport aux politiques mises en place par les gouvernements et aux traités ? Il faut un peu de tout. Il y a une vraie pression exercée par les investisseurs. J’ai dû répondre à une cinquantaine appels d’investisseurs l’année dernière. Il y a deux ans, ils n’auraient jamais demandé à parler avec la responsable du développement durable. Avant que nous n’annoncions notre engagement pour 2030, nous étions constamment sollicités par les investisseurs. À présent, ils sont tout à fait satisfaits de ce que nous faisons. Le CO 2 n’est pas une question locale : c’est un enjeu qui dépasse les frontières. Cela n’aurait donc aucun intérêt pour la planète d’agir à une échelle réduite. Voilà pourquoi nous nous efforçons d’être proactifs. LAFARGEHOLCIM AWARDS NEXT GENERATION

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