‘A’A’ Presents LafargeHolcim Awards Prize Winners | Next Generation

DESIGN FOR ALL ☻ DESIGN POUR TOUS Quel a été l’impact des LafargeHolcim Awards sur vos débuts professionnels en tant qu’architecte et urbaniste ? Les LafargeHolcim Awards ont bouleversé ma vision de ce métier et fait évoluer ma trajectoire professionnelle de chercheuse, de praticienne et d’enseignante vers une architecture plus durable et responsable. Mon travail se focalise sur l’écologie urbaine, la « biotecture », la pensée systémique, les déchets et l’eau – des principes écologiques que j’ai acquis au cours de mes recherches et en participant à toutes sortes de conférences et de colloques passionnants organisés par la Fondation, où j’ai pu rencontrer des professionnels du monde entier qui partagent ces valeurs. Mes projets de chercheuse à l’université du Cap, en Afrique du Sud, s’inscrivent dans la continuité du travail de la Fondation. Mes cours portent principalement sur les ressources renouvelables, les matériaux à empreinte carbone nulle et les principes d’une approche systémique de l’architecture, car je souhaite transmettre mes connaissances en construction durable à la nouvelle génération de praticiens. Je m’efforce de concevoir des espaces et des systèmes de cartographie qui améliorent les relations socioécologiques entre les individus, la planète et les lieux, tout en mettant l’accent sur l’architecture régénérative. Selon vous, quels sont les principaux leviers d’action, dans le secteur industriel, pour promouvoir une construction plus durable et engagée ? La construction est l’une des industries les plus gourmandes en ressources et les plus polluantes. En tant qu’architectes, nous avons le pouvoir – et le devoir – de changer notre façon de construire. Pour faire évoluer le secteur vers un modèle plus durable, il faut prendre en compte trois facteurs déterminants. D’abord, il faut valoriser autant que possible les matériaux de construction renouvelables à empreinte carbone nulle, comme le bois, pour atténuer les effets du changement climatique. Ensuite, il est primordial d’appliquer les principes de l’économie circulaire, par exemple prévoir une phase de désassemblage dès la conception, favoriser les matériaux recyclés ou récupérer les ressources d’immeubles démolis et autres flux de « déchets ». Cela permettra de réduire la pollution et les énormes quantités de déchets générés par l’industrie du bâtiment. Enfin, il faut remédier de toute urgence à l’impact dévastateur de la construction et de la croissance urbaine sur la biodiversité. Plus les villes s’étendent, plus les habitats naturels perdent de terrain, ce qui entraîne le déclin d’écosystèmes indispensables à la vie. Ce secteur est donc directement responsable de la perte de biodiversité. Nous devons commencer à concevoir les bâtiments et les villes comme des havres écologiques, c’est-à-dire des espaces permettant à la vie tant humaine que non humaine de s’épanouir. L’architecture régénérative (un concept qui va au-delà des définitions conventionnelles de la « construction durable » pour établir des relations socioécologiques mutuellement bénéfiques), le réensauvagement et les principes de la « biotecture » joueront un rôle capital pour un avenir urbain plus durable. Quelques mots sur vos projets et sujets de recherche actuels ? En ce moment, je travaille sur un projet qui n’en est encore qu’à ses débuts. En me basant sur les recherches que j’ai menées dans le cadre de la bourse LafargeHolcim Research in Practice Grant (qui portaient en partie sur la perte de biodiversité causée par l’expansion urbaine, notamment dans les zones d’habitat informel et les périphéries urbaines), j’étudie des moyens de limiter cette destruction de la biodiversité à l’aide d’« écotopes construits ». Je m’intéresse plus particulièrement aux zones critiques de biodiversité, telle la région floristique du Cap. Cette étude pluridisciplinaire montre comment les structures et l’environnement urbain peuvent faire office d’habitats naturels endémiques et abriter divers écosystèmes sur, sous ou tout autour des bâtiments, dotant ainsi les villes d’écocomplexes vitaux en créant de véritables jungles urbaines. J’ai décidé de l’appeler « Ecotopia ». PROMOUVOIR UNE ARCHITECTURE RÉGÉNÉRATIVE — Heidi Boulanger Architecte, écrivaine et chercheuse basée au Cap, en Afrique du Sud. Lauréate du prix LafargeHolcim Awards Next Generation 2017 Afrique Moyen Orient Lauréate de la bourse LafargeHolcim Research in Practice Grant LAFARGEHOLCIM AWARDS NEXT GENERATION

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