Global design competitions: shaping a sustainable future /construire un avenir durable

Qu’on le veuille ou non, l’architecture se fonde sur une culture de la compétition. Des évaluations critiques de fin d’année (à l’école), aux concours d’architecture (avec leurs listes de nominations, leurs récompenses et leurs honneurs), en passant par les luttes existentielles, intellectuelles et financières auxquelles sont soumis les architectes (et dont ils doivent sortir vainqueurs s’ils veulent créer des bâtiments qui aient une valeur culturelle, patrimoniale et citoyenne), la compétition fait rage. Mais il ne faut pas négliger non plus la culture des concours en eux-mêmes. Ce sont précisément ces concours qui donnent aux jeunes architectes leur chance de provoquer et de stimuler, de lancer leur carrière et, surtout, d’entrer dans un processus qui neutralise les avantages issus de l’expérience, de l’âge, des contacts ou des réseaux, pour mettre tout le monde sur un pied d’égalité. On pourrait dire que, parmi ces avantages, le plus décisif a toujours été d’ordre géographique : être né ou s’établir dans une ville riche de pays développé. Un concours peut gommer ces déséquilibres. Bien au-delà même, il saura peut-être accorder du poids et du crédit aux projets architecturaux qui s’attaquent aux problèmes les plus tenaces de notre époque, ces enjeux de qualité de vie que l’on peut à tort tenir pour acquis dans les villes les mieux loties de la planète. En mettant en lumière ces thématiques – qu’il s’agisse d’engagement citoyen, d’éducation, d’espace public, de transports en commun ou de services publics –, un concours peut souvent récompenser les projets qui ont justement le plus fort impact social, en leur ouvrant la voie à une concrétisation plus rapide. Le foisonnement et la multiplication des réseaux sociaux et des médias de l’image ont permis aux visuels d’architecture d’être de plus en plus présents dans la conscience collective: le style voyage désormais aussi vite que les données et, de Seattle à Tokyo en passant par Le Cap ou Berlin, on retrouve le même style d’intérieurs, de cafés, d’espaces de coworking ou de résidences privées. Mais souvent, le concours offre une opportunité d’aller voir plus loin dans les intentions architecturales. Lorsqu’un jury compare des projets dans un monde d’idées, de maquettes et de prototypes, plutôt qu’à partir de photographies professionnelles de bâtiments achevés (et souvent extravagants), alors les architectes qui ont concentré le plus d’intelligence et d’inventivité sont ceux qui auront tendance à se démarquer. Souvent, un jury peut aussi se sentir la responsabilité de rétablir l’équilibre entre des projets citoyens qui, forts de leurs bonnes intentions, ont rallié les suffrages et accumulé les expertises et d’autres, qui s’adressent peut-être davantage à une dimension plus esthétique du métier d’architecte. Le concours est un forum au sein duquel les architectes qui abordent l’égalité sociale, la microéconomie, la cohésion d’une communauté ou encore les préoccupations environnementales peuvent jouir d’un rare avantage sur ceux qui visent avant tout une esthétique dans l’air du temps. Sur la voie de la réalisation Les concours donnent aux architectes la chance de provoquer, stimuler et lancer leur carrière. Par Edwin Heathcote Professional accelerator 25

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